PHOTO ATELIER

 

MEDIUM

« Mon travail s’articule autour du dessin, c’est cette immédiateté qui me plait… »
Le cheminement d’une idée commence souvent par une image du quotidien, une pensée, un souvenir ou encore des formes que je perçois sur une nappe en papier tachée ou sur une vitre sale etc. Tout cela habite le dessin, des choses qui me marquent. Les vides et les pleins sont définis avant toute chose par l’encre ou le fusain.

Au cours de la création, la peinture peut vous perdre, elle vous emmène parfois dans des sentiers sans issues. Mon monde, Je l’efface, je le reconstruis. Le trait est mon guide, mon esprit, il retranscrit fidèlement mon intention première. La couleur, la partie animale doit ensuite suivre.

APPROCHE

Observatrice implacable, ouvrière de ma conscience, je pose des questions inquiètes sur notre civilisation et notre environnement, basées sur le souvenir et le monde d’aujourd’hui. Le genre humain est pour moi un vecteur, il me permet de faire une radiographie de la vie, ce qu’elle nous apporte en démesure, sa cruauté, sa violence, sa fragilité, aussi. Le principe d’incertitude, l’énigme, le dérangement font partie de l’élaboration et de la conception de mon travail.

 

RECHERCHE

Précédemment, pour « La fête des idées noires »  j’avais besoin d’exprimer mon trop-plein « du dépit du bon sens! » . Ne pas tenir compte des autres, toujours s’en prendre à ceux qu’il faudrait aider, je ne m’exclue pas, c’est l’époque dans laquelle on vit, assez terrible…

Mon travail actuel a significativement évolué, j’ai besoin de fonds clairs, une tentative pour aller vers le moins de choses à dire, le moins d’images, un processus de décantation, « timeout » et « Les fous du Roi » en font partie.

 

Timeout.

Le silence, temporisation d’un moment…Une volonté d’interroger notre intimité, nos émotions, notre existence. D’évaluer ce que nous sommes, avec peut-être l’étrange sensation d’être vivant un court instant.

 

Les Fous du Roi.

Le fou est représenté sous les traits d’un courageux voyageur en loques en route pour les terres vierges de la connaissances au-delà de la cité des hommes, muni du minimum vital, libéré des biens matériels. Il est la carte centrale du jeu de tarot, symbole de l’expérience spontanée, c’est en lui que l’on peut trouver la plus grande liberté, mais aussi le chaos et la folie.

Il est guidé de son chien, qui saute autours de lui. L’animal nous montre qu’il est important d’accepter et d’être conscient de « la bête qui est en nous », de laisser cette part de nous cheminer à nos côtés, sur la route de la conscience. L’arcane du fou symbolise la liberté d’être et de penser, échappant aux normes communes ainsi qu’a la sagesse ou la folie…

« Les fous du Roi peuvent nous dire avec intelligence, mimiques et danses ridicules, la vérité. Mêmes paroles et simulacres proférés par un sage seront mal interprétés. Seuls, les bouffons sont capables de nous procurer le plaisir de l’évidente réalité. Ils sont aussi un miroir, un révélateur de la dualité en chacun de nous, notre face bouffonne, grotesque, souvent cachée… »

 

Promenons nous dans les bois.

Introspection de nos rêves, comme un conte, une histoire fantastique, une promenade dans notre enfance…Un univers décalé, où l’impossible devient possible où le temps est déréglé. Cachés dans la forêt de nos souvenirs, personnages et animaux cohabitent avec l’invraisemblable et d’autres bizarreries.

 

 

EMPREINTES ET INFLUENCES

Honoré Daumier, Francisco Goya, Edvard Munch, Otto Dix , Hélène Schjerfbeck, Lucian Freud, aussi Lydie Arickx, Francis Bacon, Jean Rustin, Guillaume Bruère.
Ils ont tous en commun dans leur travail une force, de la violence parfois un sens de la tragédie, qui passent souvent par le corps et qui me touche profondément.

 

Article de Christine Charriaut :

« Dans quel monde vivent les personnages de BARBARA SMITS  ?  Entre rêve et réalité, entre au-delà et vie terrestre, sans repères corporels…Ils nous invitent à la réflexion sur la condition humaine, ou un après peut-être plus serein.
Sa peinture puissante, ne peut nous laisser indifférent, elle nous repousse et nous attire, provoque des sentiments violents et contrastés. Cette artiste, si féminine nous parle de sa vision brutale de l’humanité où la figure masculine prime, où les mains esquissées et les yeux vides mais expressifs nous entrainent au plus profond de nous même. » 


Barbara Smits, peintre (auto-portrait).

 

 

   BARBARA SMITS

 

 

I am a Belgian artist, born in 1968, and a graduate of the Geneva school of Fine Arts. My studio is located in the Paris suburbs.

Implacable observer, working through my consciousness, I ask troubling questions about our civilization and its environment, based on memory and on the world today. The principle of uncertainty, mystery and disturbance all form part of the development and design of my work.

 

D’origine Belge, née en Suisse, j’ai étudié à l’École Supérieure des Beaux-Arts (E.S.B.A) de Genève. Cet enseignement à l’époque était assez rigide, je souhaitais vivre une vie collective avec des artisans et des artistes. Au hasard des rencontres… La restauration de lieux, le travail de matière, la vie en groupe m’a séduite. C’est ce qui motivera mon départ pour Paris, afin d’y suivre une formation complémentaire à l’école IFEDEC (Institut Supérieur des Métiers de la Finition et de la Décoration).

En 1998, mon entreprise « Atelier B » de peinture décorative est née. Pendant plus de 8 ans, j’ai réalisé plusieurs chantiers en France et à l’étranger. Issue d’une famille d’artistes Belges, la peinture à toujours été présente dans ma vie. Parallèlement à mon activité principale, j’ai donc continué à travailler sur mes propres créations.

Au fil des années, de plus en plus happée par mes explorations, je me suis tournée naturellement vers la peinture, les encres et tous les médiums qui me permettaient de m’exprimer. En 2006 j’ai décidé de m’y consacrer totalement.

Je vis et travaille à Rueil-Malmaison. Mon atelier se trouve à l’école municipale des Arts de la ville.