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A propos de BARBARA SMITS.

Du vide de l’infini.

Tout semble naitre de ce grand vide initial, et toujours ou presque, un être-spectateur, en attente, immobile ou parfois en mouvement assiste aux éveils du monde…Il contemple ce qui le dépasse.

Comme il se doit, différentes strates de lectures se touchent et s’entrechoquent, l’énigme demeure, trame invisible et souterraine, brûlante et emportée.

 

APPROCHE

Mon travail se construit autour d’épopées ou de contes tirés d’un vaste corpus de traditions littéraires.

L’utilisation du texte est un marqueur important dans ma réflexion. Je marie les mots et les idées pour créer des œuvres poétiques. Ce sont des images mentales en apparence inexplicables, elles sont dépourvues de tout sens analogique. Ma volonté est de retranscrire un voyage immobile, de bousculer l’inertie du dehors, du représenté.

Le cheminement d’une idée commence souvent par une immersion rêveuse, une intention à la fois douce, flottante, mais aussi accompagnée d’une volonté d’étrangeté. Observatrice impartiale, ouvrière de ma conscience, Je pose des questions inquiètes sur notre civilisation et son environnement, basées sur le souvenir et le monde d’aujourd’hui.

Dans mes derniers travaux, le corps disparaît dans le paysage, le piège et le dérange. Dans ces jeux de plans, qui renversent toutes normes spatiales, toutes structures mentale établies, je remets en question ce qu’est la réalité et comment nous la percevons. Pour ouvrir le champ des possibles et reconstituer nos perceptions, un besoin de sublimer les formes afin de narguer le vide.

Le genre humain est pour moi un vecteur, il me permet de faire une radiographie de la vie, de ce qu’elle nous apporte en démesure. Sa cruauté, sa violence, sa fragilité aussi. Le principe d’incertitude, l’énigme et le dérangement font partie de l’élaboration et de la conception de mon travail.

 

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MEDIUM

La volonté de dialoguer avec le noir et le blanc renforce la dramaturgie des scènes. Mon monde est fait de légendes et d’histoires, tout cela habite le dessin, des choses qui me marquent. Les vides et les pleins sont définis avant toute chose par l’encre ou le fusain. Au cours de la création, la peinture peut vous perdre, elle vous emmène parfois dans des sentiers sans issue. Mon monde, Je  l’efface, je le reconstruis. Le trait est mon guide, mon esprit, il retranscrit fidèlement mon intention première, la couleur, doit ensuite suivre.

 

Timeout.

Le silence, temporisation d’un moment…Une volonté d’interroger notre intimité, nos émotions, notre existence. D’évaluer ce que nous sommes, avec peut-être l’étrange sensation d’être vivant un court instant.

Les Fous du Roi.

Le fou est représenté sous les traits d’un courageux voyageur en loques en route pour les terres vierges de la connaissances au-delà de la cité des hommes, muni du minimum vital, libéré des biens matériels. Il est la carte centrale du jeu de tarot, symbole de l’expérience spontanée, c’est en lui que l’on peut trouver la plus grande liberté, mais aussi le chaos et la folie.

Il est guidé de son chien, qui saute autours de lui. L’animal nous montre qu’il est important d’accepter et d’être conscient de « la bête qui est en nous », de laisser cette part de nous cheminer à nos côtés, sur la route de la conscience. L’arcane du fou symbolise la liberté d’être et de penser, échappant aux normes communes ainsi qu’a la sagesse ou la folie…

« Les fous du Roi peuvent nous dire avec intelligence, mimiques et danses ridicules, la vérité. Mêmes paroles et simulacres proférés par un sage seront mal interprétés. Seuls, les bouffons sont capables de nous procurer le plaisir de l’évidente réalité. Ils sont aussi un miroir, un révélateur de la dualité en chacun de nous, notre face bouffonne, grotesque, souvent cachée… »

Promenons nous dans les bois…

« Ici le conte prend son cours, le voici.

Si je perds le fil du récit, chemin faisant, quelqu’un viendra le reprendre sous l’arbre où je l’ai laissé.

Faites silence, et le silence est arrivé, notre histoire peut commencer. »

Introspection de nos rêves, comme un conte, une histoire fantastique.

Je me suis promenée, et même perdue parfois, dans mon enfance où l’impossible devient possible où le temps est déréglé. Cachés dans la forêt de mes souvenirs, personnages et animaux cohabitent avec l’invraisemblable et le bizarre.

Le monde d’Elli

 « Depuis les temps les plus reculés, la forêt symbolise l’impénétrable où nous nous perdons, le monde obscur, caché, énigmatique de notre inconscient ».

Source d’inspiration, et de rencontre avec soi-même, voilà les raisons pour lesquelles j’ai fait de la forêt, ma propre métaphore des itinéraires tortueux. Paysage mental d’un parcourt de vie, symbole de la quête initiatique. La forêt est l’endroit où l’on se perd pour mieux se retrouver.

Elli est un personnage fictif, survivant des Skogfinn, peuplade chamaniste itinérante finlandaise. Voyageant sur les territoires scandinaves au gré de la culture ancestrale du brûlis, pratique d’un système agraire dans lequel les champs sont défrichés par le feu qui permet un transfert de fertilité, aujourd’hui interdite.

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 BARBARA SMITS

I am a Belgian artist, born in 1968, and a graduate of the Geneva school of Fine Arts. My studio is located in the Paris suburbs.

Implacable observer, working through my consciousness, I ask troubling questions about our civilization and its environment, based on memory and on the world today. The principle of uncertainty, mystery and disturbance all form part of the development and design of my work.